Vous savez, ce moment où votre téléphone se déverrouille juste parce qu’il a croisé votre regard ? Ou quand vous passez les portiques de l’aéroport sans même ralentir, un peu comme un super-héros sans cape ? C’est la reconnaissance faciale, mes ami(e)s ! Une technologie qui, il faut bien l’avouer, facilite pas mal de choses au quotidien.
Mais entre deux facilités, on se pose forcément la question : Big Brother est-il en train de s’inviter à l’apéro ?
Rassurez-vous tout de suite : la France de 2025 n’est pas (encore) sous le joug d’une dictature algorithmique. Enfin, pas tout à fait ! La reconnaissance faciale existe, oui, mais elle ne vous suit pas (normalement) à chaque coin de rue comme votre ombre. Alors, qu’est-ce qui est autorisé ?
Où sont les limites ? Et surtout, jusqu’où ira-t-on ? Accrochez-vous, on démêle le vrai du faux.
Authentifier vs. Identifier : la nuance qui change tout !
C’est un peu comme la différence entre demander « c’est bien vous ? » et « qui est cette personne dans la foule ? ».
- Authentifier (le « c’est bien vous ? ») : C’est quand votre smartphone utilise Face ID. Il compare votre visage à une image unique de vous qu’il a en mémoire. C’est du 1:1, une vérification d’identité classique. Plutôt inoffensif, non ?
- Identifier (le « qui est cette personne ? ») : Là, on est dans le « cherche et trouve » en version numérique. On prend un visage dans une foule et on le compare à une base de données géante. C’est du 1:N, et là, ça devient plus… intrusif. Et c’est précisément là que nos amis les législateurs tirent la sonnette d’alarme.
La Loi, c’est la Loi (surtout avec le RGPD et l’AI Act !)
En France et en Europe, on ne rigole pas avec nos données, et encore moins avec nos visages. Le fameux RGPD interdit par principe l’utilisation de nos données biométriques (nos visages, donc), sauf exceptions très, très encadrées. Et si une solution moins intrusive existe, on la préfère, point barre !
Pour la police et la justice, c’est encore plus strict : pas question de laisser des caméras se balader dans l’espace public pour identifier des gens en temps réel. Cette interdiction a même été bétonnée par l’AI Act européen, une nouvelle loi qui distingue clairement la reconnaissance faciale « en temps réel » (interdite, sauf cas exceptionnels de dingue) et « a posteriori » (autorisée sous conditions strictes, comme pour les enquêtes après un délit grave). En gros, c’est verrouillé à double tour !
Au Quotidien : L’IA, oui, mais avec des lacets (et pas des menottes) !
Alors, si c’est si encadré, pourquoi en entend-on autant parler ? Eh bien, certains usages sont déjà bien intégrés et… plutôt pratiques !
- À l’aéroport avec PARAFE : Vous savez, ces sas où vous scannez votre passeport et votre visage ? C’est de l’authentification. Rapide, efficace, et personne ne s’en plaint, car ça évite de faire la queue. Et puis, vous avez toujours le choix de la file plus longue, si le sourire de l’agent vous manque !
- Les enquêtes policières (a posteriori) : Si un délit est commis, les enquêteurs peuvent utiliser une image de caméra et la comparer au fichier des antécédents judiciaires (le TAJ). C’est autorisé, même si certaines associations froncent les sourcils.
- Dans nos smartphones et banques : Qui n’utilise pas Face ID ou la reconnaissance faciale pour déverrouiller son téléphone ou se connecter à sa banque ? Ces données restent sur votre appareil et c’est vous qui décidez de les activer. Simple, pratique, et personne n’y voit d’inconvénient majeur.
- Les initiatives professionnelles : Des entreprises comme Proman testent des systèmes d’authentification par selfie pour vérifier l’identité de leurs intérimaires. C’est de l’expérimentation, avec consentement, et pour un but précis.
Par contre, le fichage généralisé de nos visages ou les caméras-radars faciales dans les rues ? Interdit ! L’expérience des lycées de PACA qui voulaient y recourir a été retoquée par la justice. Et les entreprises qui aspirent nos photos en ligne sans autorisation (coucou Clearview AI) ? Lourdement sanctionnées !
Et Demain, on s’attend à quoi ?
La technologie, elle, continue d’avancer. Les algorithmes sont de plus en plus performants, et les erreurs (notamment selon le sexe ou la couleur de peau) se réduisent. Forcément, ça donne des idées à certains.
Des politiciens comme Gérald Darmanin (ministre de la Justice au moment de l’article) envisagent que la reconnaissance faciale devienne un outil clé contre le narcotrafic et l’insécurité dans 5 à 10 ans. Ça, c’est la tentation de l’efficacité. Mais d’un autre côté, les ONG tirent la sonnette d’alarme : plus la technologie est puissante, plus les garde-fous doivent être solides.
La France avance donc avec prudence, comme on marcherait « en chaussons sur un plancher de microprocesseurs ». La reconnaissance faciale est là pour rester, c’est une certitude. Mais pour l’instant, c’est le droit qui tient la manette, et c’est plutôt une bonne nouvelle pour nos libertés, non ?